Kingdom Under Fire : crusaders

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Dynasty Warriors 4, cela vous dit-il quelques chose ? Désolé de vous agresser comme ça, d’un bloc, mais votre réponse sera déterminante : Kingdom under fire crusaders (nous l’appellerons KUFC pour des questions d’hygiène) s’en inspire beaucoup. Oui, non ? Puisque personne ne me répond, alors je vais tenter de faire un parallèle entre les deux titres, tant pis.

KUFC, disais-je, est issu des studios Phantagram, une petite boite coréenne pas très connue certes, mais que je porte dans mon cœur depuis que j’ai découvert ce titre. Il se présente sous la forme d’un jeu de stratégie-action en temps réel, tout comme Dynasty Warriors; à la différence que l’action se déroule dans le moyen âge occidental et non asiatique.

Vous débuterez aux commandes du Général Gérald, un grand bonhomme qui fait penser à Maximus de Gladiator – coupe de cheveux militaire, regard sombre, biceps XXL et prénom ridicule. L’introduction vous met directement dans le bain : deux armées se combattent férocement, l’une humaine, l’autre pas. On appuie sur start et on sélectionne son niveau de difficulté. Prenons le niveau facile, car nous ne sommes pas des bêtes.

La mise en scène du jeu est fantastique, je ne trouve pas d’autres mots. les mouvements de caméras, façon embarquée, rappellent par moments le débarquement du film « le soldat Ryan, ou certains autres de gangster asiatiques : on voit les deux chefs de clans s’approcher, suivis de leur armée, sur un fond musical rock’n roll.
Ca excite l’oeil et les oreilles, alors forcément, on veut voir la suite.

Et la suite la voilà : alors que l’on avait rien demandé, on doit directement se battre, et ce, exactement comme dans Dynasty Warriors 4. On dirige donc notre général adoré, et on démonte de l’Orc au kilomètre, entouré de son armée contrôlée par le CPU. C’est dans ce joyeux bordel que l’on apprend à manier son personnage qui sait donner des coups d’épée, et déclencher quelques « special moves » assez faibles pour l’instant, il faut l’avouer. Une fois le ménage effectué, toute le monde fait la fête, et le scénario continue. On apprend que l’on est sous les ordres d’un certains commandant Hugh, un barbu assez charismatique.

Le jeu consiste donc en une série de missions qui vous seront attribuées par ce commandant : protéger le roi, casser un barrage, piéger l’ennemi…et tout cela en temps réel. « Gnééé et alors temps réel ça veut dire quoi ? j’aime pas Warcraft, ce jeu ne me dis rien ». « Teu teu teu ! » vous rétorquerai-je. Point de petits bonhommes vu de haut ici. En pratique, le jeu vous met dans la même situation que certains films médiévaux : vous avez des archers, vous avez une armée de terre aussi, et vous devez les placer vite fait mais pas n’importe comment.
Prenons un exemple concret. Vous devez attaquer une armée placée quelque part dans la foret. Déjà, il vous faut designer un « scout » (une personne seule et rapide) et l’envoyer en éclaireur. Ok, l’armée adverse est repérée. Le scout va les attirer vers vous. C’est là que vous changez rapidement d’équipe : vous allez dire aux archers de courir en direction des ennemis, qui sont en train de poursuivre votre pauvre scout, et leur ordonner de préparer des flèches enflammées.
Un coup d’oeil à la carte radar, et hop, lancez les flèches. La forêt se met alors à brûler, décimant une bonne partie des méchants, mais pas tous. Les survivants seront alors le problème de l’infanterie (et par conséquent de vous même).
Lancez la charge, et là la partie beat em up commence vraiment. Coups d’épée, magie et tout ça tout ça.
En plus de vos coups personnels, il faut savoir que vous êtes accompagné de vos deux meilleurs alliés : un fille, archer, et une grosse brute en armure. lorsque votre niveau de magie le permet, vous pourrez leur dire de venir vous donner un coup de mains, en cas de « au secours je suis encerclé ! ». A noter également qu’au début des missions, vous aurez droit à des introductions où vous verrez les protagonistes discuter. c’est informatif et parfois très amusants, car ils se vannent entre eux.

Je me permet une petite parenthèse au sujet du niveau de détails, qui est véritablement saisissant, car les personnage exécutent leurs ordres comme dans la vraie vie : envoyer des flèches enflammées prendra du temps car il faut que vos hommes se placent, que l’un d’eux allume une torche, passe devant toutes les flèches, et que les autres se mettent en position de tir. Fin de la parenthèse.

Coté musique, elle adopte un style hardrock très bien adapté aux situations. et les bruitages sont superbes. Vous entendrez les pas de vos hommes, le claquement de leurs épées, et les ordres que vous donnerez, le plus beau demeurant les archers, qui hurlent ensemble leurs actions (en français cela donnerait : « préparezzzzz », »preeeeet », »lancezzzzz », suivi de la pluie de flèches syndicale). Le jeu, en version import, est en anglais sous titré. Toutefois, comme le jeu est coréen, vous avez la possibilité de laisser le doublage d’origine. Vous entendrez alors vos bataillons brailler dans leur langue maternelle ;) Cela crée une ambiance vraiment unique, entre le médiéval occidental et celui asiatique…et cela change de l’accent marseillais de Dynasty warriors 4 :).

J’allais oublier de mentionner les évolutions en cours de jeu, car vous pourrez contrôler les archers mais aussi une cavalerie, des « démineurs », et plus tard, des dragons cracheurs de feu, des espèces de mammouths, des montgolfières surarmées… sans compter le système d’expérience et de magasin façon RPG qui vous permettra d’upgrader vos troupe ainsi que les héros, jusqu’a leur acheter une arme à feu (!) – enfin, à poudre à canon -. Un beau méli-mélo d’anachronismes et de magie, le tout dans un système mi arcade, mi jeu de stratégie – uniquement pour le coté évolutif de vos troupes – (à la Rise of nations sur PC, pour ceux qui connaissent).

La maniabilité est quant à elle très bonne, et elle reproduit assez bien la lourdeur de l’épée que vous portez. Foncer dans un groupe d’orc avec un coup spécial est un moment de pur bonheur. Vous pouvez aussi vous protéger durant les mêlées, vous verrez alors votre personnage repousser en masse une bande d’orcs. Sans compter certains gestes naturels que vous ne contrôlerez pas, comme un coup de pied, ou encore utiliser son bras pour se proteger-vite-fait.

Bref, du réaliste, du beau, du jouissif. Et même en easy, la difficulté reste corsée, car la multitude d’actions à effectuer nécessite dextérité et concentration.

Oulàlà, mais il est long cet article ! Vite vite, terminons.
Pour conclure, donc, je ne peux qu’encourager les gens à tester/acheter/voler KUFC. L’ambiance est unique, le principe très original, et surtout on y retrouve l’esthétique des films de chevaliers, avec le petit plus que seuls les coréens savent inclure dans leur productions.

Un très bon jeu qui, grâce à son visuel très soigné, sera un prolongement naturel à vos séances DVD de Braveheart, Le roi Arthur ou toute autre histoire de ce type.

Écrivain, journaliste, ingénieur et graphiste, cet auteur est très craint par la profession. Fuyez-le, il est encore temps.

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