
Aujourd’hui les enfants, nous allons étudier l’histoire géographie. Au programme : Fromsoftware, L’Amérique et ses présidents. Commençons par le chapitre 1 (oui, cet article est interactif). Fromsoftware, disais-je donc, est un éditeur Japonais qui commence à être connu sur xbox.
Après un Murakumo « pas terrible mais marrant », et deux Otogi « Terribles mais longs, ho oui très longs », voici Metal Wolf Chaos qui consiste à un mélange des deux genre : nous obtenons donc un jeu de mechas teinté de plateformes en 3D. Démonté par le prestigieux magasine Famitsu (24/40), je me demandais bien ou je mettais les pieds en choisissant ce jeu pour le 9ême numéro de Layer…
« - Mais monsieur, vous dérivez, vous deviez parler de l’ Amérique et de ses présidents !
- Ha oué ? C’est vrais Kévin. Alors parlons-en, des Etats-Unis. Et range moi ce flingue »
Car des Etats-Unis, il va en être question pendant tout le jeu. Le scénario vous transporte dans le future. Vous, le 47e président des United state of America, vous êtes le dernier rempart à une invasion militaire déjà bien avancée.
En ce qui concerne l’ambiance du jeu, imaginez un clip de propagande américaine, commenté par des voix off de publicités des années 70. Vous obtenez un grand clip façon village people, qui vous dit toutes les deux minutes, avec un accent très exagéré, que « l’Amérique, c’est chouette ! C’est la liberté ! ».
Bien entendu, tout est à prendre au second degré, que ce soit la qualité du doublage, qui peut paraître raté alors que la diction est intentionnelle -ou son contenu. En effet, comment dire… Metal Wolf n’est pas ce que l’on peut appeler une simulation économique. C’est un shoot em up / plateforme dans la plus pure lignée de Gun valkyrie et Armored Core. Tout se détruit, avec moult exclamations qui peuvent choquer en cette période.
Ainsi, si vous faites un joli carnage au niveau des immeubles, votre assistante lancera un « voilà ce que j’attend d’un président des états unis », ou encore un joli « croyez en votre justice ! ». Cela peut déranger les moins marrants d’entre vous, mais cela devient réellement amusant tout au long du jeu. On comprend ainsi que ce n’est pas une apologie, mais une ridiculisation du discours tenu actuellement par le pays de Rambo.
C’est donc dans cette ambiance et ce monde décalé que vous allez évoluer; emmitouflé dans votre armure, prêt à dégainer pour que votre pays soit libre ! (à clamer la main sur le coeur). Et vous aurez les moyens d’atteindre votre but, car de mémoire, aucun mecha n’a été aussi bien équipé. Même Gundam il peut rentrer pleurer chez sa mère : mitrailleuse, uzi, pistolet, laser, bazooka, fusil… Et c’est sans compter que le développement et la construction de nombreux upgrade pour vos jouets est possible grâce aux crédits durement gagnés à la sueur de votre mitrailleuse lourde.
Je ne sais pas encore, à l’heure où j’écris cet article, combien d’armes propose le titre, mais c’est monstrueux. Idem en ce qui concerne l’interactivité avec les décors, hallucinante : pratiquement tout ce qui décors votre environnement peut être détruit : véhicules ennemis bien entendu, mais aussi buildings, entrepôts, quartiers entiers… au point de ne plus rien voir. Dans votre délire, il faudra tout de même faire attention à vos munitions -limitées- et aux otages.
Car, même si ce n’est pas vital pour réussir une mission, de pauvres êtres humains – « sans doutes démocrates, les imbéciles » ;) – se trouveront sur votre chemin, enfermés dans des cages. Ce ne sera pas le moment de confondre mitraillette légère et bazooka.
Le système de jauge d’énergie fonctionne un peu comme celui d’ Otogi : Outre les habituels items qui vous redonneront un petit coup de pouce, la destruction des ennemis fera également augmenter vos points de vitalité. Quant au système d’arme, il peut paraître difficile à cerner au début du jeu.
En effet, on contrôle la main gauche et la main droite, chacune pouvant changer d’arme dès que vous le souhaitez. chaque coté peut porter jusqu’à 4 armes (à vous d’équiper convenablement votre armure, avant chaque début de mission). Une petite pression sur le bouton B (le rouge) de votre manette, et voilà l’éventail d’arme qui se déploie de chaque coté de votre armure, faites les défiler avec la gâchette droite ou gauche, selon le bras que vous souhaitez équiper, appuyez de nouveau sur le bouton B, et vous voilà en possession de la nouvelle arme.
Cette sélection se fait en temps réel, c’est pourquoi le jeu vous semblera très difficile à manier sur le coup. Mais heureusement , magie du testing avant commercialisation, le gameplay laisse assez d’espace pour courir dans un coin afin de changer votre fusil d’épaule (mwhahaha je suis drôle !). Le reste des mouvements se fait au moyen des sticks analogiques, et vous aurez même une furie à votre disposition. Oui, tout a été prévu.
Techniquement, le jeu place la barre très haut, et ce malgré le coté « destroying in the rain » qui aurait pu laisser présager un titre aussi peu sérieux dans le fond que dans la forme. Non, il n’en est rien : tout bouge à merveille, et ce ne sont pas les monstrueuses explosions qui vont faire ralentir le jeu. Je n’ai détecté aucun accrochage, aucun bug. Bref, si Gun valkyrie était déjà un titre très beau et très bien animé, Fromsoftware nous permet de constater que la Xbox n’avait pas craché toutes ses tripes à l’époque.
Le jeu comporte de nombreuses cut-scenes très amusantes où les répliques, un subtil mélange de dialogues de série Z et de ridiculisation du patriotisme américain – feront sourire, le tout grâce au moteur 3D légèrement retouché.
La jouabilité, elle, est assez bonne. On pourra reprocher le coté un peu désordonné de certains niveaux, mais cela n’empêche jamais de jouer. Les missions seront de différentes natures : limitées dans le temps, ou avec comme objectif de tout détruire. Un jeu peu stressant en somme, car, malgré le nombre de niveaux correcte, la difficulté n’est pas très corsée. La version testée ici étant japonaise, je peux vous assurer que les menus – en japonais eux aussi – ne seront pas un obstacle. Bien entendu certaines options vous passeront sous le nez, vous ne pourrez pas exploiter précisément le système d’achat d’armes, mais les objectifs, récités dans un américain exagéré, la difficulté du jeu pas très farouche, et l’organisation simple de ces menus vous permettront, comme je l’ai fait, d’avancer correctement dans les niveaux.
Coté sonore, le jeu inclut des groupes japonais connus, d’autres moins, qui agrémenteront vos exploits par un fond sonore très agréable, toujours adapté à la région des états unis que vous fréquenterez : ballade tranquille à Miami, rythme soutenu à New York… Sans compter que l’on peut intégrer ses propres pistes sonores, fonctionnalité peu exploitée de la xbox mais Ô combien pratique lorsque le jeu est raté sur ce plan. Mais cette fonction ne sera pas indispensable. Quant aux bruitages, ils sont dans la moyenne nationale.
Hop là, coupons court à la conversation. Ce titre est une très bonne surprise. Certes au départ, on ne comprend pas son univers, très destabilisant, et les notes de Famitsu pouvaient rebuter, mais le résultat est très satisfaisant. Comme quoi, Famitsu, c’est des vendus :).
Bien entendu, sur le coup on trouve que c’est du gâchis cette ambiance américaine, nous qui sommes habitués aux Shinobi, et autres Gundam, alors que ce joli mecha, qui a de la gueule, devrait parler japonais, devrait s’appeler Ryoba ou que sais-je, et ne devrait pas assister le président des USA dans sa conquête mais plutôt un sombre héro ex ninja toxicomane contre un dictateur imaginaire tout droit sorti d’un spectacle kabuki. Oui vous ne comprenez pas ma phrase, et c’est normal, car à force de jouer à Metal Chaos Wolf, on n’est plus tout à fait sois même; on s’attache à ce ton décalé, à ces répliques nazes récitées avec un brin de paille dans la bouche, à la tête des personnages que l’on jurerait rippés d’un jeu Electronic Arts ou Ubi Soft.
Tout cela donne l’impression de revisiter le genre. Ouaip cowboy.
Techniquement très bon, Metal Wolf obtient le label « produit du mois » !
Cependant Il n’est pas certain que la version occidentale – qui doit débarquer en mars – ne soit pas remaniée pour coller au marché, d’un autre côté, les menus seront compréhensibles… A vous de choisir. Layer a fait son choix, et la version japonaise de Metal Wolf vous est chaudement recommandée. Du bon shoot avec une belle 3D et des boss énormes, ça ne peut faire que du bien à la boite verte.
C’est bon, vous pouvez ranger vos cahiers, la leçon est terminée.
Kevin, tu passeras me voir après les cours, j’ai deux mots à dire à tes parents.
