
Konami est décidément imprévisible. Jonglant entre les remix de classiques et les expériences ratées (crime life en est un exemple), la firme de la petite vague nous propose un jeu non seulement orienté oldschool mais en plus en version PAL.
Sword of Etheria, leur dernier rejeton, est la version occidentalisé de OZ, un jeu dont j’ai parlé sur le forum -déserté, bande de lâches- de votre site adoré. Rien n’a changé, mais on y gagne en compréhension car le jeu est sous-titré et même doublé en français pendant le jeu.
Bref tout ceci n’est pas intéressant si l’on ne développe pas. Alors développons.
Sword of Etheria est donc la version PAL de OZ. Ce titre édité par Konami Japon vous propose une version un peu barrée du fameux magicien d’Oz (et c’est pour des raisons de droits sur le sol occidental que le titre a changé, pour l’anecdote) : il y a bien une Dorothée, et tous les personnages qui vont avec, mais lookés manga, et avec un scenario tuné aux hormones.
Vous êtes Phyl, un garçon normal, sauf que vous êtes le seul dans le village à être protégé par l’Etheria. L’Etheria est une matière spéciale, dotée de sa propre conscience, et qui fait partie de la vie quotidienne du monde dans lequel vous évoluez.
Tout va bien jusqu’au jour où un monstre, surgi de nulle part, Almira, vient dévaster votre petit monde. Vous intervenez alors pour l’en empêcher, et, contre toute attente, vous y arrivez. Mais Dorothée, ainsi qu’une bonne partie des enfants du village, sont enlevés par un autre monstre. L’histoire commence alors véritablement avec son lot de rebondissements, dont le premier : Toto, un petit chat qui vole et parle (je vous avais dit que le scenario était barré) apparaît, et, entre deux bonne vannes, se transforme en épée pour vous aider dans votre quête.
Cette mission bien entendu, est de retrouver votre petite sœur Dorothée. Le jeu est donc très logiquement un beat’em all matiné de RPG, très proche des Castlevania sortis sur PS2. Accompagné en permanence de deux coéquipiers, ce qui fait toute l’originalité du titre est le concept des chains.
A l’écran, cela se matérialise par des espèces de « passes », comme au football, d’un ennemi : on commence à lui décocher quelques coups de sabres pour qu’il soit étourdi, et on le finit par un coup puissant, qui l’éjecte vers un de vos partenaires. Ce dernier continue à le tabasser joyeusement, pour le refiler à son troisième camarade.
A chaque « passe », une jauge de fury se remplie, vous permettant de lancer des furies aussi dévastatrices qu’esthétiques.
Si les coups de base ne sont pas très nombreux, le principe des chains donne une dynamique extraordinaire au jeu : rien n’est plus excitant que de voir un ennemi passer de mains en mains pour accumuler des furies et courir les montrer aux autres adversaires.
Cette ambiance est bien entendu appuyée par des bruitages très bien trouvés, faisant monter la tension à chaque coup porté, et surtout, oui surtout, à une bande son remarquable. Composé par Michiru Yamane, responsable entre autre des OST de Castlevania symphony of the night et Curse of Darkness, et dont les orchestrations nous plongent dans le jeu avec une efficacité immédiate.
Par ailleurs, ce qui fait réaliser que Sword of Etheria est définitivement un jeu, au sens propre du terme, ce sont les graphismes. Oui ils sont tout juste dans la moyenne, oui les textures sont parfois plus proches de la Saturn que de la ps2, oui certains niveaux sont répétitifs et peu inspirés, mais cela passe au second plan : ce qui compte, c’est de faire des chains, de remplir les mini objectifs (la plupart du temps casser certaines statues pour faire revenir la lumière ou baisser le niveau de l’eau), mais à aucun moment on se dit que l’on va lâcher. Il y a tant de petites choses à faire, comme acheter des objets pour donner plus de puissance à son personnage ou à ses partenaires, débloquer les bonus, trouver la faille d’un boss de fin de niveau, que l’on joue, finalement, pour jouer, tout simplement.
On pourrait ajouter à cela les dialogues : même si le doublage VF demeure très moyen, même si on sent une pointe d’effort chez les « comédiens », les dialogues non parlés sont parfois très amusants, et l’on s’attache finalement à ces personnages, à ce scenario, bref, à ce jeu.
Voilà, je crois que tout est dit : pour une fois, un jeu redonne ses lettres de noblesse au genre beat’em all et tente de rester copain avec le joueur. Un niveau, un boss vous bloque ? Pas de problèmes, il suffit de rejouer le niveau en mode facile. Si vous souhaitez vous acharner malgré la difficulté, sachez que les loadings ne sont ni trop longs ni très court entre deux essais, et que la caméra n’est pas votre ennemie. De plus vos coéquipiers sauront remplir leur tache sans vous handicaper : qu’il s’agisse de vous suivre ou de vous défendre, ils seront là.
Bref, malgré ses (nombreux ?) défauts techniques évoqués précédemment, ce jeu est, à mes yeux, un cadeau inespéré de la part de Konami, n’en déplaise à quelques sites qui se sont déjà prononcés sur la version import, en la massacrant.
Alors que le monde pleure la non-venue de Berserk (un autre jeu d’action-aventure, édité par Sammy) en Occident, ce Sword of Etheria fait office de consolation, avec une conversion quasi parfaite, qui se paye le luxe de toucher un minimum au contenu original (choix du mode 60Hertz inclut).
A la limite, ce que l’on pourrait véritablement considérer comme une faute, c’est le choix du titre et sa typo à l’écran, qui fait largement moins stylé que « OZ ». Well done Ko’.

